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 Histoire du Monde des Douze - Fragments Retrouvés [Acidrik Fenlapanse]

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Galamadryabuyak
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MessageSujet: Histoire du Monde des Douze - Fragments Retrouvés [Acidrik Fenlapanse]   Ven 4 Juil 2014 - 0:40

Tome 1 - Le Chant du Monde






« Ici, il n’y a rien ». Pendant des lustres et lustres, ce fut bien la seule chose à dire du recoin d’Univers dont il est question dans cet ouvrage. Mais ô vénérable lecteur, admirable lectrice, l’as-tu senti, toi aussi ?
Certes oui, sinon tu ne te retrouverais pas à lire ces lignes… Intrépide lecteur, lectrice téméraire, tu le devines, tu le sais : l’Histoire est en marche ! Un monde s’apprête à fleurir ici même sous tes yeux ! Mais prend garde toutefois : c’est d’une naissance peu ordinaire dont il s’agit ! Et ceux qui attendent une histoire à papa, une de celles qu’on raconte le soir aux enfants sages, feraient mieux de refermer ce livre.
Car ils ne trouveront ici aucune fée exauce-minute, aucune allumeuse de feux d’artifesses ni d’archer aux attributs superbement moulés et encore moins de preux paladins gavés de testostérone – pardonnez-moi, je m’emballe…
Les pages qui suivent décrivent la genèse d’un Monde bientôt plongé dans les ténèbres absolues.

Déchirés par des guerres sanglantes. Livré en pâture aux brutes ! Aux rustres ! Aux barbares ! Voici l’histoire de ce Monde qui tirait sa splendeur d’une demi-douzaine d’œufs, et qui fut précipité dans le chaos à cause d’eux…

Mais, révéré lecteur, sublime lectrice, permets-moi de me présenter : Acidrik Fenlapanse, Maître des divinations et haruspices. En clair : je lis le passé et l’avenir dans les entrailles de tout ce qui se meut à la surface de ce Monde. Je lis aussi dans la mousse de bière, pourvu qu’elle soit d’Amakna, et dans la carré de porc (mais uniquement du trois étoiles). Tu trouveras dans les pages qui suivent tout ce qu’il m’a été donné de voir sur la création du monde : tu tutoieras les dieux et les déesses, baguenauderas sur les champs de bataille.
Bref ! Lecteur, lectrice, tu comprendras que le Monde décrit dans ces lignes, est tout sauf un monde sans histoire.



Prologue.

En guise de prologue à ce récit, apprenez qu’un dieu seul ne peut suffire à créer un monde digne de ce nom. Or, le Monde seul dont il est question ici doit beaucoup à Osamodas, un dieu taciturne qui préfère la compagnie des bêtes à celle des autres dieux. Certains disent qu’il s’est fait une spécialité des invocations animales pour se tenir compagnie… Ce qui profite à ses fidèles : les disciples d’Osamodas peuvent invoquer les plus beaux représentants de la faune d’Amakna : Du Tofu, ce gracile volatile au plumage jaune, au bouftou ; ce gracieux herbivore au lainage blanc, en passant par le Prespic, cette graisseuse bestiole dont les piqûres arrachent des cris de douleurs aux plus endurcis.
Lors d’une de ses promenades solitaires, le dieu Osamodas tombe nez à nez avec un panneau étrange. De cette trouvaille, et grâce aux dragons du dieu, un nouveau Monde naît.


"Ici, il n’y a rien". Écrit en lettres de feu sur un panneau de platine, les mots clignotent tour à tour, ils semblent flotter au milieu de nulle part. Autour du panneau gravite un astre froid et morne lancé comme tant d’autres à travers le vide sidéral. Lire ce panneau est d’ailleurs la seule chose à faire là – mais encore faut-il être un dieu, et s’appeler Osamodas.

Foulant le vide sidéral de ses pieds divins mais néanmoins enflés par la longue marche qu’il vient d’effectuer, Osamodas admire ce vide sidéral qui l’entoure. Il est si différent des autres vides qu’il connaît ! Un vide aussi pur, aussi illimité, ça ne se trouve pas tous les jours, ni dans son entourage, ni même dans la tête du dieu Iop – ce trait d’humour enchante un Osamodas en pleine autosatisfaction. A ses yeux, le dieu Iop est l’être le plus fougueux, impétueux mais aussi le plus brutalissime de l’Univers.

Il est sûr que Iop, qui jongle avec des cœurs encore palpitants au petit déjeuner, qui brise l’échine d’un dragon comme on le ferait d’une brindille, fait régulièrement grincer les dents pourtant tranchantes du dieu Osamodas (Iop a, c’est vrai, un sens de l’humour très personnel). Ils s’étaient quittés quelques fragments de poussière de millénaire auparavant sur ces mots :
« Osamodas, dis moi… Est-il vrai que ta divine personne est nue sous ces oripeaux ? ».
En réalité, Osamodas et ses disciples sont vêtus d’authentiques vêtements et de dressages taillés dans le cuir de leurs ennemis… Et il n’y a là pas une once de matière drolatique, tout au moins aux yeux du dieu. Il y avait de quoi écraser un long soupir.

C’était donc un vide sidéral de première qualité, tel qu’on croise une fois au cours d’une existence cosmique, qui s’étendait sous les yeux d’Osamodas. Le vide. Un panneau. Un astre qui gravitait autour du panneau dans un recoin de l’Univers qui lui était complètement inconnu.

Pas étonnant : il lui avait fallu marcher longtemps pour dissiper l’humour du dieu Iop. Comme à son habitude, il était parti seul, entouré de ses trois dragons. Mais cette fois-là, il sentait bien qu’une allégresse peu commune les accompagnait, lui et ses bêtes. Il vit là le présage d’événements qui allaient rester gravés dans les annales cosmiques. Il avait raison !
Helioboros, son dragon blanc, et Ouronigride, son dragon noir, étaient tous deux d’humeur primesautière et pourfendaient l’espace à la poursuite l’un de l’autre, un spectacle somme toute assez terrifiant pour qui n'y est pas accoutumé. Spiritia, sifflant entre ses babines épaisses un air très connu chez les dragons multicolores. Si les environs n’avaient été si noirs et enténébrés, et si peu propices à une partie de cache-cache entre dragons, le spectacle offert par Osamodas et ses créatures aurait presque paru guilleret.

Méditatif, Osamodas s’est penché sur le panneau, et inspecte les lettres de feu d’un œil circonspect. Il attend que les bribes d’avenir qu’il vient de percevoir se cristallisent dans le présent. La roche ronde tourne autour de lui.
Soudain, Ouronigride le noir, fait claquer ses mâchoires et une gerbe de foudre sombre se répand dans l’espace : le panache étincelant qui orne la queue d’Helioboros vient de lui échapper… Quelques filaments d’un blanc immaculé crépitent pourtant dans la gueule du dragon noir. Il glousse de rire. Son œil unique, plissé par malice, s’arrondit subitement sous l’effet de la surprise : Helioboros, furieux tente de lui éperonner le flanc gauche ! Pour l’éviter, il fait une sorte de cabriole – il s’étonne d’ailleurs d’être capable d’un soubresaut aussi grotesque mais pourtant salvateur – puis virevolte dans un grondement. La foudre immaculée lui a chauffé les côtes : c’est dire s’il est passé près ! Alors que le dragon blanc s’apprête à le charger une nouvelle fois, Ouronigride se sauve vers Osamodas.


Le dragon noir se met à tourbillonner autour de la roche qui est aux pieds de son maître, suivi de près par Helioboros.
Les deux dragons décrivent maintenant des cercles de plus en plus serrés, contractant leurs corps, l’espace, le temps. Le premier tente de semer le second. Ils se filent à une vitesse vertigineuse. La roche est rouge et un sifflement assourdi s’en élève à mesure qu’elle s’échauffe. Ca n’est plus qu’un magma incandescant. La croûte en fusion est percée ; un sifflement perçant s’en élève…
A cet instant Osamodas donne une pichenette à Spiritia ; le dragon multicolore comprend : instantanément il fond sur la roche, se love autour d’elle pour la protéger. Une déflagration d’ombre et de lumière se propage dans l’Univers.
Osamodas lève un sourcil. Un nouveau monde est né. Il entend les autres dieux accourir pour voir ça… Finie la tranquillité… Il écrase un nouveau soupir.


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Dernière édition par Zepplyn le Dim 6 Juil 2014 - 12:10, édité 1 fois
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Galamadryabuyak
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MessageSujet: Re: Histoire du Monde des Douze - Fragments Retrouvés [Acidrik Fenlapanse]   Ven 4 Juil 2014 - 13:06

Tome 2 - Le Choix des Dieux


Dix dieux sont réunis autour d'Osamodas. Dix Dieux connus qui ont entendu le chant du nouveau monde. Comme il est de coutume chez les dieux, chacun des dix Dieux s'apprête à lui faire un don.

Vous auriez vu les deux dragons Ouronigride et Helioboros trôner de part et d'autre du monde, tel des piliers brillants, l'un blanc et l'autre noir !
Vous auriez vu les volutes bleutées s'entortiller doucement autour de ce monde nouveau, et Spiritia l'enserrer délicatement entre ses anneaux !!!

Vous auriez vu cela... Si seulement vous étiez un dieu. Et même ! Il vous faudrait être un dieu susceptible d'approcher Osamodas : son aura est si puissante qu'elle repousse toutes les entités de faible envergure, ce qui met Osamodas à l'abri des importuns. "Tous ces dieux mineurs qui rêvent de grimper dans l'échelle du Panthéon... Ils méritent d'être écharpés lentement à coup de bec de Tofu ! ". Cette remarque, clamée à qui voulait l'entendre, achevait de repousser les éventuels gêneurs.

Jusqu'ici, neuf dieux ont pu approcher Osamodas et ses dragons. Pour l'heure, quatre sont autour de lui : Sram, encapuchonné dans les volutes épaisses et sombres de sa cape, dont les dents seules luisent comme de pâles croissants de lune. Sadida, figé dans une posture sacrificielle ; sur son masque peint s'accrochent des lambeaux de lumière. Enutrof, dragon de flammes et d'or qui n'en finit pas de brûler, ni de fondre. Xélor enfin : sa frappe a par le passé martelé bien des crânes et sonné le glas de bien des dieux ; il en sera de même à l'avenir.

Subitement, une sorte de glougloutement, mi-organique mi-métallique se fait entendre... "Qu'est-ce que ces bruits ? Sont-ce là les oscillations de l'horloge de Xélor qui gargouille encore ? " s'exclame Iop qui venait d'arriver. Les muscles saillants, Iop jette un regard réprobateur à Xélor.

"Oxydée me semble être ta cuirasse, splendide guerrier !" réplique Xélor avec détachement, "Le métal de ton armure sera froissé, ou l'un de tes muscles peut-être ?" ajoute-il.
"Pile c'est Xélor, face c'est Iop ", embraye Ecaflip pour éviter que la discussion s'envenime. Le dieu chat qui règne sur le hasard et la chance, tire une pièce de sa poche en souriant sous ses moustaches.
"Il suffirait de dire à vos fidèles de vous adresser des prières plus raffinées !" s'exclame Eniripsa, déesse des soins et des remèdes. Et la déesse Féca, la protectrice, renchérit : "Il faut surtout leur dire que 'je t'en prie, écrase cette tête de Craqueboule s'il te plait Iop' ou 'momifie-moi vite s'il te plaît dieu Xélor' ne sont pas des prières inspirées par une foi authentique !"
"Suffit mes amis !" dit la déesse des archers, la belle et redoutable Crâ.
"Ce monde vient de naître, il mérite toute notre attention... tout au moins une attention égale à celle que lui portent nos compagnons." Osamodas, Sram, Sadida, Enutrof et Xelor sont tous les cinq penchés sur le monde, et leurs yeux ont la couleur de la convoitise.

"A-t-il seulement une conscience ce monde là ? " demande Eniripsa.
"Une conscience de nouveau né, il vient d'être créé" répond Osamodas, "j'attendais que... nous soyons tous réunis. Pas question de bâcler la tache qui nous attend !".

Eniripsa ne s’attendait pas à ce genre de répartie. La situation lui paraît pour le moins étrange : depuis quand les dieux de Magie Noire créent-ils des mondes ? Ils sont plutôt doués pour la destruction !
Elle lança un regard appuyé à Osamodas, flanqué de Sram et de Xélor. A ce qu’elle peut en juger, Sram lui adresse un sourire amicale, toutes dents dehors.

Quant à Xélor, c’est branle-bas de combat dans les bandelettes ! Il a beau cacher qu’il est une momie, il part en poussière au moindre mouvement. Pire : il en met partout ! Un vrai fléau pulvérulent, bourré à ras bord de champignons à vous coller allergie à vie (c’est en tout cas l’avis d’Eniripsa).

Osamodas reste silencieux. Il pense : « créer des espèces diverses et variées, à ailes, à pattes, à plumes, à la va comme je te pousse… pour les voir anéanties dans un cataclysme quelques milliers d’années plus tard, le tout à cause d’une erreur d’inattention du dieu-qui-se-cure-les-dents-avec-sa-dague-pendant-le-don-des-dieux ! Tout mais pas ça !! Pas comme la dernière fois !!! Hors de question !! Cette fois-ci, ce sera Ordre et Méthode ! ».

« Dieu Iop ! Ta nonchalance nous a coûté cher par le passé… La dernière fois que nous avons engendré un monde, tu l’as abandonné, laissé à la merci des aléas de l’Univers. Et une météorite s’est écrasée dessus. Rasé ! Anéanti ! As tu seulement songé aux âmes ? Tu sais comme je me soucie des âmes, n’est ce pas Iop ?! ».

Iop hausse un sourcil. Qu’est ce qu’il a le vieux Osamodas ? Vu son humeur, vaut mieux pas trop la ramener… mais quand même ! Le coup de la météorite, la dernière fois, n’était pas vraiment sa faute. Et puis c’était à l’autre bout de l’univers, un petit monde bleu de rien du tout. C’est vrai qu’il avait laissé rôtir tout un tas de créatures plus ou moins reptiliennes là-bas - de la graine de démon tout ça ! D’ailleurs, à ce qu’il en savait, le monde en question se portait beaucoup mieux sans eux. La vérité c’est qu’Osamodas est jaloux. Mais de quoi bon sang ? Cette question, Iop se la pose depuis un bon moment déjà. Il pianote le fourreau de son épée d’un air qui se veut flegmatique, signe qu’il est un tantinet agacé.

Vous auriez pu entendre tomber un silence embarrassé sur l’assemblée des dieux ! Enutrof lançait de petits ronds de flammes d’un air absent et Sadida veillait à ce qu’il y ait le plus d’espace possible entre lui et sa coiffe feuillue. Sram, lui, souriait toujours (enfin, il montrait ses dents). Xélor tentait de réprimer une quinte de toux naissante, alors qu’Eniripsa ne relâchait pas sa vigilance : pas question que les miasmes du dieu momie ne touchent ses narines.

La déesse Féca lustrait son bouclier au rythme des bzoing bzoing que faisait la déesse Crâ avec la corde de son arc. Féca était arrivée la dernière, toute ébouriffée. Ecaflip s’était imperceptiblement rapproché de Iop, et faisait rouler une pièce entre ses doigts. De là, il pourrait séparer Osamodas et Iop, si jamais…

« Voilà voilà, je suis fin prête… alors, on le forme ce cercle ? » s’exclama la déesse Féca. Le sourire aux lèvres, admirant son bouclier, elle n’avait rien suivi de ce qu’il venait de se passer.
« Approchons-nous et que le cercle soit ! » dit la déesse Crâ, saisissant l’opportunité de détendre l’atmosphère… Et le cercle des dix dieux fut formé.

« Par notre présence, notre souffle et notre voix, nous donnons à ce monde le feu, la terre, l’air et l’eau. Chaque créature qui y vivra sera soumise à la loi de ces quatre éléments : pour chacune d’elles, nous déciderons de ses forces et faiblesses…

Que ceux qui servent la magie noire se rangent aux côtés d’Ouronigride le noir !
Que ceux qui servent la magie blanche se rangent aux côtés d’Helioboros le blanc !
Que Serpientia le chatoyant unisse nos vœux en une seule et même volonté !! »

Eniripsa s’avança et dit :
- Mes disciples eniripsas seront des êtres à l’intelligence vive, et la flamme du feu blanc brûlera dans leur esprit. Que des montagnes crèvent la croûte terrestre, et que leurs flancs soient baignés par la lumière et la chaleur. Les eniripsas y vivront et récolteront fleurs, plantes et roches nécessaires à leurs coctions et décoctions de soin…
- L’intelligence ?! Que les disciples de Xélor, à l’esprit aiguisé en soient également pourvus ! Qu’ils attisent le feu noir et que le feu noir les attire en retour… Je leur donne les déserts arides, ils se délecteront de la sécheresse et joueront avec le temps.
- J’en veux autant pour mes disciples Fécas, aussi intelligents que les précédents ! Ils seront protecteurs du feu blanc ; le feu blanc sera leur guide et les bêtes leur confieront leur confiance. Que des plaines ensoleillées soient créées, et qu’elles leur soient données !
- Pour deux disciples du feu blanc, deux disciples du feu noir ! Disciples osamodas, vous serez semblables à moi ! Votre intelligence sera redoutable, votre résistance stupéfiante ! Vous vivrez près des volcans et à l’intérieur des soufrières !! Vous serez respectés par les dragons, et les créatures accourront à votre appel !

Iop éclata d’un rire tonitruant, et rugit :

- Disciples de Iop, votre sang sera rouge ! Vous puiserez votre puissance dans le feu, la terre ou l’air, qu’importe, pourvu qu’ils soient blancs… Que naissent mille montagnes ! Elles résonneront de vos chants guerriers, elle vous accueilleront pour vous reposer…
- J’aime ça ! Qu’il en soit aussi pour les disciples crâ ! Ils suivront la loi de l’air, mais aussi celle de la terre et du feu blancs. Leur vue sera perçante, qu’ils vivent dans les cimes des arbres, celles des montagnes ou celles des arbres des montagnes !
- Moi Sadida, je place mes disciples sous la protection du feu noir, qu’ils le servent en retour ! Et qu’ils servent tout autant l’air noir ! Ils se nourriront d’eau et de terre, habiteront dans les forêts. Intelligents sadidas, vous fabriquerez des créatures obéissantes, loyales et meurtrières. A ce monde naissant, je lègue un florilège d’arbres, de mousses, de plantes…

Sadida, satisfait, ricana… alors Ecaflip entonna :

- Ecaflips ! Vos sorts, droits sortis de la terre blanche seront à l’égal de votre force ! Que jaillisse montagnes et forêts, qu’elles soient pour vous une demeurent, un abri et une aire de combat à la mesure de vos griffes !

Enutrof dit d’une voix rauque :
- Ils useront de magie noire… mes aventureux enutrofs… Ils auront une chance phénoménale… puisée dans les abysses et les profondeurs… et sur leur cœur je soufflerai ! Si loin qu’ils soient dans les entrailles de la terre, si loin toute vie, ils ne défailliront pas… jamais !

- Dérobeurs, détrousseurs, voleurs, chapardeurs, coupe-bourses, pilleurs et tricheurs ! Srams, mes disciples, je vous lègue agilité et force. Je vous fais rapides comme l’air noir et amants de la terre noire. Ses parures végétales vous dissimuleront, ses atours rocheux vous cacheront… vous serez invisibles aux yeux de tous… sauf aux miens !

Osamodas frappa dans ses mains :

« - Il est temps de nommer ce monde !! » s’exclama-t-il d’un ton qui se voulait badin.
« - As-tu pensé à quelque chose ? » demanda Iop.
« - Certes ! J’ai trouvé ce monde ! il se nommera 'Osamodia' ! »
« - Trouvé ?! Est-ce à dire que tu ne l’as pas créé ?? » lança Eniripsa, interloquée.
« - Et de quel droit porterait-il ton nom ? » tonna le dieu Iop.
« - Ce serait un privilège immense que t’accorder cela ! Pourquoi pas « monde de Xélor » dans ce cas ? ».
« - J’y repenserai dans cent mille milliard d’années, dieu Xélor » grommela Iop.
« - Sexifocsee est un nom qui me sied assez. » dit Sram.
« - Qu’est ce que… ? » s’étouffa la déesse Féca.
« - Les initiales de chacun des dix dieux réunis ici ! » répondit-il fièrement.
« - Je rappelle à cette divine assemblée que nous régnons déjà sur deux autres mondes… nommés Esscofixee et Secoxisfe… » répondit Enutrof.
« - Et la musique de ce nom heurte mes tympans, dieu Sram », lança la déesse Crâ.
« - Et pourquoi pas le 'monde des dix' ? »
« - … »

Unanimes, les dieux répétèrent « monde des Dix ». Et le monde était né. Il portait désormais un nom, était peuplé d’êtres et de créatures, et suscitait l’intérêt des dieux les plus puissants de l’Univers, ce qui augurait un destin épique, héroïque, en tout cas pas banal.

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Galamadryabuyak
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MessageSujet: Re: Histoire du Monde des Douze - Fragments Retrouvés [Acidrik Fenlapanse]   Dim 6 Juil 2014 - 12:09

Tome 3 - Le Temps des Dragons


Les trois dragons d’Osamodas insufflent la magie sur le monde. Le dragon noir inspirera la magie sombre, le dragon blanc la lumineuse. Trois dragons noirs, et trois dragons blancs sont engendrés et s’incarnent dans le monde ; ils forment la souche de tous les dragons d’Amakna.
Quant au dragon multicolore, il charge l’air, la terre, l’eau et le feu de pouvoirs magiques. Six dragons élémentaux sont créés, ils donneront naissance aux Dofus – dans la langue des dragons, ce mot désigne les œufs de dragon.



Monde des dix… Il faut à présent une magie digne de ce nom. Ouronigride le noir et Helioboros le blanc gonflent leurs poumons et leur chant rauque retentit soudain. Empreint du feu noir et du feu blanc, il roule sur le monde comme le tonnerre. Leur souffle charrie de grandes et vieilles âmes, celles de trois dragons noirs et trois dragons blancs. Elles descendent sur le monde, six panaches fuselés et scintillants qui forment une ronde aussitôt désagrégée. Arrivée à hauteur des cimes des plus hautes montagnes que compte le monde, chaque âme part dans une direction différente, son sillage strident formant une étoile à six branches.


Une des âmes s’immerge dans les rais de la première lumière du matin, la plus pure de la journée naissante. Elle devient opalescente et tremble : l’âme dragon avait déjà abandonné son enveloppe céleste en descendant dans ce monde de matière, elle abandonne maintenant sa deuxième peau, tressée de lumière d’étoiles. Elle s’ébroue pour faire disparaître les derniers lambeaux d’éther qui s’accrochent à elle. Chair et muscles apparaissent enfin. Pour la neuvième fois de son existence célestielle, Dardondakal, celui qu’on appellerait plus tard Le Sage, s’est incarné ! Il exauce Helioboros, le seigneur de sa race. Les deux autres âmes blanches ont mué elles aussi. Elles ont filé en rasant les terres, avalant de-ci, delà, une goulée d’air ; elles ont survolé la mer, l’écume ruisselle sur leur peau bientôt couverte d’écailles. Ces dragons seront célèbres et connus sous le nom de Croulakakoss et de Gresgaoulian. Le monde des Dix compte désormais trois dragons blancs.


« Une part de nuit pour moi. Une part de profondeur souterraine pour toi. Reste une part d’abysses pour toi… ». Le colosse d’ombre grogne : une noirceur épaisse suinte de sa gueule à peine formée. Ses chairs se densifient lentement, et il fait jouer les muscles de son dos pour déchirer l’enveloppe devenue visqueuse – les restes de son existence divine – qui entrave ses mouvements. Les deux autres âmes dragons ont acquiescé au partage fait par celui qu’on appellera plus tard Grougalorasalar le Fuligineux.
L’une d’elle glapit et se jette dans les profondeurs de la terre. Quant à l’autre, elle qui devait s’enfoncer dans les eaux noires, elle désobéit. Elle plane à la surface des terres et des eaux, avide… et elle se met en quête de la seule chose qui l’a attirée ici-bas. Car cette âme dragon, plus que tout autre chose, a faim ; elle rêve de dévorer l’esprit vivant d’un être ici-bas…


Les dragons blancs et les noirs se sont donc incarnés. Pendant tout le temps qu’Ouronigride et Helioboros ont chanté, Spiritetia s’est joint à eux, braquant sa gueule vers le monde en y insufflant la couleur.
Elle se met à palpiter, et l’eau, le feu, la terre et l’air ne furent plus ni blanc ni noir, ils prirent chacun une couleur. L’eau devient bleue, du même bleu qu’Aguabrial qui est son gardien ; le feu rougeoie à l’image d’Ignemikhal, le dragon écarlate ; la terre se drape de vert car tel est Terrakourial aux écailles d'émeraude et l'air devient transparent, comme le corps d'Aerafal. Ces quatre dragons, jeunes mais déjà puissants, sont chacun les gardiens des quatre éléments. Le soir venu, les quatre dragons élémentaux, les noirs et les blancs se retirèrent chacun dans leur antre. Et le matin suivant, les quatre élémentaux couvaient chacun un œuf.


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MessageSujet: Tome 4 - Le Temps des Dofus   Lun 6 Juil 2015 - 23:39

Tome 4 - Le Temps des Dofus



À chaque fois qu’un Monde reçoit le don des dieux, dragons et Dofus y apparaissent. Les Dofus émettent des pulsations et diffusent l'harmonie sur le Monde. Les petits dieux, dieux mineurs, minoritaires, dieux de rien, apprennent l’existence du monde des Dix. Les démons également, tels que Rushu l’un d’entre eux, et non des moindres.


Quelques siècles, quelques millénaires se sont peut-être écoulés, personne ne le sait plus. Mais les dix dieux avaient suivi avec intérêt l’évolution du monde. Depuis quelques temps, des nuages dodus et rondelets dodelinent dans le ciel, les deux luminaires célestes alternent leur course lente, l’un le jour et l’autre la nuit. Le monde est couvert de montagnes, forêts, plaines, rivières, de fleuves, et de mers. Çà et là des geysers fumants crèvent la terre, et l’eau sourd des crevasses. La vie s’épanouit dans les recoins de cette terre nouvelle. L’herbe rit, bousculée par le vent chaud et humide des plaines. Les premières pousses croissent et les graines colportées aux quatre coins du Monde promettent de germer de mille autres façons encore. Des créatures s’ébattent librement dans les champs et les plaines. Les dieux ont leurs fidèles qui parcourent le Monde. Les Œufs des quatre dragons élémentaux battent maintenant à l’unisson, et leur aura propage l’harmonie dans le Monde.
Les trois dragons d’Osamodas en ont fait un monde influençable par la magie, blanche ou noire. Et la multitude des petits dieux est venue aussi ; les dieux sans fidèles, les dieux impubères, les dieux incultes... Celui-ci a élu domicile sur une feuille de frêne, celui-là se délasse les pieds dans une gouttelette de rosée ; ils peuplent le monde de leur présence minuscule et enchanteresse.
Et les légions de démons lorgnent aussi sur ce monde qui, rumeurs ou ragots, a été créé par la griffe d’Osamodas, l’un des leurs ! Petits et grands, démons majeurs et démons mineurs, tous se pressent à la lisière de l’Univers. Naturellement, il leur est défendu de poser ne serait-ce qu’un seul orteil poilu au-delà de la limite connue de tous les démons. Un pacte a été scellé entre les dieux d’ici et les démons de là-bas. Ce pacte défend aux démons d’envahir l’Univers avec un grand « U »… Il ne faut pas les plaindre, car qui connaît les démons sait qu’ils ont de bonnes raisons d’être enfermés dans un univers parallèle fait de souffre et de pierres, sans doute pavé de bonnes intentions, mais très chaud, voire suffocant et assez invivable quand même.
Ils s’agglutinent donc au-delà de cette barrière invisible. Les plus bruyants sont les petits démons, le démon des étrons, celui du moisi, le démon du pus jaune, celui du pus vert, et celui des carcasses et des asticots, le démon du furoncle et de la verrue, bref, toute la populace démoniaque, curieuse et agitée, celle des jours de fête.


Soudain des cris et des protestations s’élèvent dans le brouhaha. C’est Rushu, le démon le plus puissant de cette partie de l’univers. Il fend la foule de ses congénères à grands coups de fouet. Des bouts de cornes, des touffes incandescentes, des dents et même parfois un bout d'œil ou d’oreille volent tout autour de lui. Il se place au devant de tous les autres, jouant des coudes pour voir ce qui se trame du côté du Monde des Dix. Il hèle les dieux :
« Mes frères ! Est-ce bien un nouveau monde que vous entourez de votre attention la plus grande ?
- C’est exact ! » rugit le dieu Iop. Et tu n’es pas invité à nous rejoindre Rushu ! Cinq dieux de magie noire pour cinq de magie blanche, c’est la règle ! C’est l’équilibre !! Et cela est rare ô combien !! ».


Aussitôt, Rushu plisse les yeux. Il passe sa langue en fusion sur ses dents aiguisées, ce qui, ailleurs que dans la bouche de Rushu, conduirait à des effets divers monstrueux et terrifiants. Un sifflement strident se fait entendre.
- Bien, seigneur Iop… Il en sera ainsi » persifle Rushu. « Je serai respectueux du pacte et je réponds de mes démons comme de moi-même… ». Rushu tapote la tête d’un petit démon écarlate, dont l’épiderme grésille un peu plus à chaque tapotement. La déesse Féca serre imperceptiblement son bouclier contre elle.


- Et qu’en est-il des Dofus ? Y a-t-il des œufs sacrés sur ce monde ? » demande Rushu.
- C’est possible » dit la déesse Crâ. Elle sent son arc vibrer dans sa main, comme une invitation à ne pas trop en dire. Il ajoute, sur un ton innocent : « ce monde n’est-il pas peuplé de dragons ? ».
- Certes oui ! », acquiesce la déesse.
- Nous pourrons affirmer la présence des Dofus lorsqu’ils auront commencé à battre. Et pour cela, pour décompter leurs pulsations, il nous faut une horloge, une horloge divine ! » clama Iop.
- Et qui mieux que toi pourrait la fabriquer, n’est-ce pas Xélor ? », dit le dieu chat.

Xélor sourit sous ses bandelettes. Il vient d’entendre le premier battement émis par les Dofus…

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[Manny]: Tête de huitième d'octet!
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Aujourd'hui, j'assiste à l'enterrement du père d'un ami. Il a fait un discours très touchant. Tellement touchant que j'ai applaudi. VDM
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Histoire du Monde des Douze - Fragments Retrouvés [Acidrik Fenlapanse]

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